Alors, ça fait trois semaines maintenant! On dit souvent que c’est le creux de la vague. Selon mon patron c’est plus tard, mais on verra, je n’ai pas encore vu la vague, donc encore moins son creux J Tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant c’est des personnes partir. Je ne sais pas ce qui se passe, mais environ 1 à 3 personnes par semaine partent depuis que je suis arrivée! Devrais-je me poser des questions? Pas du tout ;)
Je ne sais pas quoi répondre à ceux qui me demandent, et puis? Tu vas rester? Comment tu trouves ça? Ce n’est pas évident, c’est la vie que j’ai choisi, rien ne me fut imposé, je suis bien partout moi alors quoi dire de plus? J’aime ce que je vois, ce que je vis, j’aime les gens que je rencontre, les semaines passent trop vite, je commence à saisir des mots à la radio quand ils parlent en Inuktittut. Bref, ça va bien et j’adore. Même Sherpa, le chien du voisin, qui lui n’est pas là, m’aime bien et vient me dire bonjour quand je sors ou je rentre.
Je vous ai promis de parler de mon cours interculturel alors voici :
Tout d'abord, j’étais la seule fille présente entourée de policiers J Il faut dire que le cours leur était destiné et que j’étais l’intruse présente pour évaluer un peu le cours, mais aussi, car c’est bien pour moi, pour mon projet de bâtir un guide d’accueil et aussi parce que je suis nouvelle et le cours s’adresse au nouveaux policiers. Toutefois, nous nous sommes vites rendu compte que c’est plutôt des policiers d’expérience étant présents depuis 3 à 10 ans. Même que S. est lui-même un Inuk. Bref, la formation était sur les différences interculturelles plus que sur la culture inuit. C’est une formation fait pour nous permettre de comprendre les différences des uns et des autres, des interprétations qu’une culture peut se faire par rapport à une autre, parfois et fort souvent non fondé. On nous a raconté l’histoire du blanc qui se fait honorer dans un village africain… et qu’avec cet honneur vient l’offrande d’une femme… et comment il a dû se débrouiller pour refuser poliment ‘’la femme’’ et les compromis qu’il a du faire. On a vu un vidéo d’une tribu mongolienne tuant un mouton. À deux, ils ont maintenu le mouton sur le dos, l’un a planté un couteau dans son ventre, a rentré sa main dans ses entrailles, pendant ce temps le mouton n’a aucunement bougé, puis il a tiré sur ses entrailles, surement une vaine centrale du cœur et la tête du mouton s’est couchée tranquillement sur le côté. Ouach! On nous explique ensuite que cette façon de tuer permettait de ne pas répandre le sang sur la terre ce qui aurait attiré les loups. Sans cette explication, la méthode nous apparait bien cruelle.
J’aurais aimé entendre les chocs culturels vécus par les Inuits quand ils nous côtoient. Ce que moi j’ai entendu c’est que nous parlons fort et on prend de la place, nous parlons en mangeant et donc nous ne prenons pas le temps d’apprécier la nourriture, mais est-ce vrai? Comment est-ce vécu? Et quand A., l’une des animatrices inuit, comment elle a vécu son arrivée à Québec? V. l’autre animatrice non inuit m’a confié qu’A. avait eu ses propres difficultés et elle ajoute, du Béluga à Québec ce n’est pas évident à trouvé!!
J’en conclut que nous avons tous notre cheminement à faire dans cette nouvelle vie où les inuits sont confrontés à ‘’nous’’ et nous qui sommes ici pour travailler, vivre différentes choses et se prouver je ne sais quoi encore.
Cette formation m’a permis d’entendre les histoires de C. ce jeune ontarien arrivé tout d’abord au Nunavut qui cherchait les igloos! Et demande à son collègue en débarquant de l’avion, mais ils sont où les Eskimo?! Et les Igloos?! Et son collègue l’a immédiatement remis à l’ordre en disant qu’Eskimo est péjoratif, qu’il n’y a plus d’Igloo et les Inuits sont ceux-là là aux yeux bridés. Dire que C. croyait que c’était des touristes asiatiques, habillé à l’américaine J maintenant C. est marié à une Inuit, a deux enfants et vie dans le Nunavik, mais pas ici à Kuujjuaq. Il habite dans une plus petite communauté, va à la pêche avec son beau-père et se fait appeler le ‘’neveu ’’ par les habitants de son village. Lui et d'autres ont raconté comment ici on ne cogne pas aux portes avant d’entrée dans les maisons. Une inuit lui a alors dit, «mais tu ne te rends pas compte que je t’entends arriver, on entend ta voiture, et tes pars sur le porche, on te voit par la fenêtre, alors pourquoi cognes-tu?» Pour un policier entrer sans se faire inviter, est une infraction passible d’accusation, alors on doit s’adapter, car certains ne venaient pas ouvrir la porte quand ils cognaient. Alors, l’intermédiaire est de cogné et entrée… je suis bien à l’aise avec se principe, je l'applique déjà... peut-être que je choc certain dans le sud...qui sait!
Un autre disait que le fait de verrouiller la porte, car il avait des armes dans la maison fut un sujet bien délicat entre sa femme, inuit, et lui. Ces petites histoires pour moi valaient de l’or, vous savez combien j’aime ces histoires, les légendes et anecdotes alors moi j’étais bien contente de ma formation.
J., un des inuits formateurs, nous a fait un petit lunch, j’ai appris que nous sommes tous les deux allés au même cégep et dans les mêmes années, le monde est petit quand même!
Ce que j’ai appris aussi et que j’ai moi-même vécu hier et la poignée de main. Ici, la poignée de main est très… répandue. On se donne la main quand on revient d’un voyage, ou quand ça fait longtemps où je ne sais pas trop quand encore. Mais je vois la poignée de main se donner bien souvent au Newviq’vi (l’épicerie). Mais elle se donne à la hauteur du cœur, je ne sais pas si c’est vraiment la hauteur ou si cela signifie quelque chose, mais voilà mon choc je l’ai vécu comme ça : S. une inuit qui travaille avec nous est revenu d’un voyage dans les NV (northern village) (je ne savais pas qu’elle était partie) et elle me tend la main, mais plus haute que pour une poignée de main normale, alors moi je me demande ce qu’elle veut je lui tend le crayon, je la regarde et tout mon visage lui dit ‘’ je ne comprends pas ce que tu veux ou ce que je dois faire’’. Alors elle m’explique qu’on sert la main en revenant de voyage, et moi je lui dis que je ne comprenais pas, car je croyais qu’elle voulait se présenté alors qu’on se connait déjà… et depuis j’arrête pas de voir le monde se serrer la main :)
Autre point important, toujours serrer la main peau-à-peau c’est t’a dire que tu dois enlever ta mitaine ou ton gant et ce même à -40, c’est une question de respect; si tu les gardes, c’est comme dire à l’autre que tu le trouves répugnant! Ils ne tiennent pas rigueur aux Alunaks (étranger - qui veut en vrai si je me souviens bien l’étranger blanc au gros ventre et gros sourcils… à l’image du premier blanc… funny!)
Alors, voilà j’ai enfin vécu mon premier choc culturel, mais il n’est pas plus gros que la bise qui se donne une seule fois et à droite en Belgique et que tu manques embrasser sur la bouche l’autre, car toi tu es habitué de débuter la bise à gauche et d’en donner deux. Et la longueur que ça peut prendre de faire la tour de la maison et d’embrasser tous les inconnus présents et de voir même les hommes s’embrasser. Alors, vous comprendrez que ce ‘’choc’’ me fait plutôt sourire :)
J’ai encore plein d’histoires en tête, mais j’en garde pour la prochaine fois, j’ai l’histoire sur la croyance relative au fait que si je donne à mon enfant le nom d’une personne décédée connue, exemple ma tante, cette personne se réincarne dans ton enfant… (C’est arrivé à C., qui a donné comme deuxième nom le nom de la tante de sa femme décédée d’un cancer et pour lui c’est encore un choc…)mais je vais lire et mieux m’informer sur le sujet pour ne pas raconter tout ça à travers mon chapeau. Je pourrais aussi vous raconter des histoires vis-à-vis les familles d’accueil… d'ailleurs, vous devriez débuter des paris à savoir combien de temps je tiendrai avant de devenir moi-même famille d’accueil. Mon amie Ju. a Justement une belle petite fille d’un mois aux grosses bajoues et aux yeux pétillants pour la fin de semaine …
Et j’oubliais, j’ai déjà eu droit à une séance de chant de gorge, c’est vraiment impressionnant que des sons si graves puissent sortir de si petite personne! Je vais essayer de le mettre sur mon fb, mais je ne garantis pas le succès… ce n’est pas haute vitesse ici !
Sur ce, bonne fin de semaine à tous!
C'Est fou, même pays mais tellement différent. Je ne suis pas vraiment inquiète pour toi ...;)
RépondreSupprimerJ'oublais de dire que je ne suis pas d'accord avec leur façon de tuer le montou, y'a d'autre moyen pour ne pas répendre du sang partout !!!!!
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